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Dernière mise à jour le 28-déc-11 6:27

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LES CHARRETTES SICILIENNES

 

Les premières charrettes siciliennes sont apparues assez récemment, au XIXe siècle. Conçues au départ comme simples outils de travail, elles circulaient sur les routes carrossables, construites par les Bourbons, transportant toutes sortes de marchandises d'un bout à l'autre de l'île. Elles avaient différentes formes et dimensions, selon le type de marchandise qu'elles transportaient (blé, terre, sable, pierres, bois, vin, etc.). On ne sait pas exactement à quand remonte l'habitude de peindre ces charrettes pour leur donner un rôle officiel de représentation. Selon certains, le but recherché était de les faire ressembler aux carrosses, véhicules réservés à la noblesse dont on connaît les versions richement décorées du XVIIIe siècle.

La construction des charrettes était un travail des plus complexes, elle demandait beaucoup de temps et la participation de plusieurs corps de métiers. Une fois que le charrier avait fabriqué la structure en bois, avec des essences plus ou moins résistantes selon les pièces et leur fonction, le sculpteur sur bois prenait le relais et travaillait au ciseau les roues et les parties moins visibles mais essentielles de la charrette; venait ensuite le forgeron qui cerclait les roues et réalisait les arabesques en fer forgé. Une fois prête, la charrette était confiée à des peintres qui la décoraient entièrement - mais surtout les flancs - en optant toujours pour des couleurs vives et contrastes. Il existe d'innombrables versions de ces charrettes dont la distinction se fait sur la base de leur décoration peinte. À une certaineépoque, en Sicile orientale, les décorateurs utilisaient surtout le rouge, le vert et le bordeaux en représentaient des sujets tirés de la nature (fruits, oiseaux, papillons, etc.), alors que dans l'ouest de l'île on préférait les mariages de rouge, de jaune eu de bleu pour réaliser des motifs géométriques associés à des représentations de chevaliers et d'anges. Mais il y avait aussi des règles d'ordre psychologique: le bleu étant réservé aux sujets religieux alors que le jaune et le rouge traduisaient le climat enflammé des guerres ou des amours chevaleresques. À la fin du XIXe siècle, les histoires de paladins avaient fini par l'emporter sur les sujets hagiographiques et bibliques. On opta pour le genre chevaleresque et les thèmes historiques en réunissant dans une seule et même épopée toutes sortes de personnages au faîte de leur gloire: de Christophe Colomb à Garibaldi, de Jules César vainqueur des Gaulois à Richard Cœur de Lion. Mais on s'inspirait également de la musique, des scènes de mélodrames, et des thèmes classiques de la chasse traités avec réalisme. Un aspect aussi important de la tradition sicilienne - la charrette sicilienne est un des symboles de l'île - ne pouvait échapper à l'attention des collectionneurs, comme en témoignent les superbes collections de la commune de Terrasini qui en possède de nombreuses versions (charrette de Palerme, de Castelvetrano, de Trapani, de Catane); ou, encore, les collections de Modica de Monreale et celle de M. Giuseppe Badalamenti de Partinico.

 

Les voyageurs en Sicile au XVIIIe siècle (Vivant-Denon ou Rolland de la Platière) décrivent la circulation dans les rues de Palerme ou de Catane : les équipages, les carrosses, les chaises à porteur. Le petit peuple des artisans, pêcheurs, paysans se déplace à pied, à dos d’âne ou de mulet en ville et à la campagne, pas de charrettes.

Donc il faut attendre la description de Maupassant à la fin du XIXe siècle pour qu’on nous en parle. Peut-être ne sont-elles apparues qu’au XIXe siècle ?

Servaient-elles à transporter les biens et les personnes comme nous le dit le musée canadien des civilisations qui en possède une ? Le fait aussi qu’elles soient décorées à l’intérieur me fait douter d’une utilisation vulgaire. Fêtes, mariages, cérémonies populaires, parades avec les plumes et les pompons sous lesquels la mule disparaissait presque me paraissent plus vraisemblables.

Qui peut me renseigner en attendant la restauration du Pitré et mon prochain voyage en Sicile ?

La tradition des pupis ou marionnettes  a été conservée et on en voit dans tout le pays : les théâtres sont restaurés, des familles entières se consacrent à leur fabrication et à des spectacles très appréciés. Les charrettes ne sont plus, elles, que des monuments folkloriques muets et immobiles.

Ma conclusion sera celle de Renan en 1875 : « Le chant et les croyances populaires recueillis par Monsieur Pitré prouvent ce qu’il y a dans cette race d’esprit, de vie, de poésie. »Gaston Vuillier dit voir beaucoup de ces charrettes peintes tirées par des mules mais surtout par des chevaux à travers les rues de Palerme transportant biens ou personnes. Elle permettait d’aller des champs à la ville et vice versa. Le dimanche des familles entières les occupent. Ces charrettes avaient donc un double usage : pour le travail dans la semaine, pour les déplacements familiaux le dimanche ou les jours de fêtes. Ces jours-là les chevaux sont parés de panache de plumes sur la tête, de même le bât, le poitrail et le dos de l’animal scintillent de miroirs, de clochettes et de rubans. Cet ornement tout en couleur évoque la parade de jours particuliers un peu comme les corsos de chars fleuris. La charrette devient le centre de focalisation des richesses de famille. Le fait que Giuseppe Pitré attire autant l’attention de Gaston Vuillier sur ces charrettes laisse penser toute la fierté qu’il tire de ce patrimoine sicilien.

Carretti e Puppi

La charette (carri) est le symbole de la desertification des campagnes puisqu'elle était autrefois le seul mode de transport permettant aux paysans vivant en ville de rejoindre leur champs. La charette était fièrement décorée par des fresques hautes en couleur restituant les conquêtes normandes en Sicile.

Aujourd'hui, les charettes se font rares mais les fresques traditionnelles peuvent se retrouver sur des supports surprenant tel que des tricycles ou des fiat 500.

L'opera dei pupi est une tradition sicilienne remontant à l'antiquité visant à raconter aux siciliens l'histoire des invasions. Les marionnettes que l'on trouve aujourd'hui en Sicile sont inspirées des conquêtes normandes, on y retrouve Charlemagne, Roland, Renaud.

Le mariage

Le mariage reste le plus grand évènement d'une vie sicilienne. Il est préparé minutieusement. La mariée se constitue un trousseau et la cérémonie se déroule dans le faste. Après la cérémonie religieuse, un grand repas est organisé réunissant famille proche et éloigné et un grand cercle d'amis.

La mort

La mort est perçue avec douleur mais aussi une certaine fatalité. Elle est encore célébrée par un cortège noir composé d'une charette décorée de couronnes suivie par la famille et les proches jusqu'au cimetière.

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